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Hello--Kitty dans le coma profond

Inscrit le: 03 Nov 2010 Messages: 2053
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Posté le: Jeu Nov 29, 2018 21:51 Sujet du message: |
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Baldanders a écrit: | Ouais enfin, il a trouvé la blague assez drôle en soi pour l'isoler et la mettre en exergue dans sa bande-annonce, quand même ! |
Peut-être qu'ils étaient piégés, qu'il n'y avait pas tellement de dialogue pour faire comprendre que Dujardin est manqué (même si on voit la fille au début de la bande-annonce) et surtout pour indiquer que Zylberstein le sait, ou qu'il ne le cache pas à Zylberstein.
Baldanders a écrit: | Il ne s'agit pas plutôt d'absence d'humour ? |
Ce n'est pas vraiment de ça dont je veux parler mais plutôt de la façon dont il a l'air de croire totalement aux situations qu'il met en scène. Alors que si tu regardes un film de, mettons, Sophie Fillière (je dis ça parce que j'ai regardé La Belle et la Belle cette semaine), tu vois bien que la situation ne vaut pas pour ce qu'elle incarne réellement, que la réalisatrice ne prend pas sa proposition au sérieux, bien au contraire. Le cinéma de Lelouch est très premier degré. Quelquefois c'est appréciable, quelquefois non. Mais en tout cas, à mon avis, c'est ça qu'Arnaud Desplechin dit apprécier, de même qu'une certaine "ampleur narrative" qui a sans doute cherché à un moment à repousser les frontières des récits que l'on faisait dans le cinéma français, un peu comme Rochant a pu essayer de le faire. |
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Baldanders dans le coma profond

Inscrit le: 23 Déc 2010 Messages: 960
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Posté le: Ven Nov 30, 2018 18:50 Sujet du message: |
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Hello--Kitty a écrit: | Baldanders a écrit: | Il ne s'agit pas plutôt d'absence d'humour ? |
Ce n'est pas vraiment de ça dont je veux parler mais plutôt de la façon dont il a l'air de croire totalement aux situations qu'il met en scène. Alors que si tu regardes un film de, mettons, Sophie Fillière (je dis ça parce que j'ai regardé La Belle et la Belle cette semaine), tu vois bien que la situation ne vaut pas pour ce qu'elle incarne réellement, que la réalisatrice ne prend pas sa proposition au sérieux, bien au contraire. Le cinéma de Lelouch est très premier degré. |
Oui, j'avais compris. Ton exemple du Fillières (que j'ai assez aimé) est intéressant pour voir ce qui, à mon avis, manque cruellement à Lelouch.
Ce n'est pas tant que Fillières ne "croit" pas à ce qu'elle filme, c'est plutôt que chez elle comme chez plusieurs autres cinéastes des années 70 qui ont percé dans les années 80/90 (Dubroux, Labrune, Bonitzer...) un mot est forcément un lapsus (comme ces expressions toutes faites : Un chat un chat, Tout de suite maintenant, Sans queue ni tête, qui en devenant des titres quittent l'impensé pour entrer dans le sous-entendu polysémique), une action forcément porteuse d'un refoulé impérieux. Cette dimension "critique" donne à tout ce qu'on voit un caractère discrètement ou parfois franchement ironique.
On ne trouvera rien de tel, jamais, chez Lelouch, qui n'a jamais songé à remettre en question les stéréotypes qui lui gangrènent le cerveau. Il aurait sans doute trop à perdre, à son âge et vu où il en est. J'appelle ça "absence d'humour", et je suis gentil.
D'ailleurs, et pour revenir au sujet du topic, est-ce qu'on ne pourrait pas dire que Hers aussi est très "premier degré" et qu'il manque totalement d'humour ? Lelouch, Hers, même combat ? |
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Baldanders dans le coma profond

Inscrit le: 23 Déc 2010 Messages: 960
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Posté le: Sam Déc 01, 2018 16:07 Sujet du message: |
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Citation: | Je crois que dans les films de Mia et les miens, il y a la même forme de simplicité, de naïveté. |
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valzeur dans le coma profond

Inscrit le: 30 Aoû 2015 Messages: 235
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Posté le: Dim Déc 02, 2018 2:05 Sujet du message: |
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J'ai vu la bande-annonce de Maya. Il faut voter un moratoire sur les films mettant en scène des reporters de guerre ; tous sont nuls. |
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Hello--Kitty dans le coma profond

Inscrit le: 03 Nov 2010 Messages: 2053
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Posté le: Dim Déc 02, 2018 11:56 Sujet du message: |
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valzeur a écrit: | Il faut voter un moratoire sur les films mettant en scène des reporters de guerre |
Ce qui nous ramène à Lelouch et à ses idées de casting (pour jouer un reporter de guerre dans Salaud on t'aime: Johnny Hallyday). |
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François Bégaudot dans le coma profond
Inscrit le: 04 Nov 2013 Messages: 47
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Posté le: Ven Déc 28, 2018 0:11 Sujet du message: |
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Préféré ce sentiment de l'été dont le film est une sorte de reprise allourdie par le Bataclan
Touché par le naturalisme du film (j'ai des amies qui parlent exactement comme les femmes de films de Hers). Mais là-dessus Kéchiche est plus profond : car il accorde plus de place, au sein du naturalisme, à l'irréductibilité des corps, qui delimitent de l'extérieur les discours et la caractérisation des personnages, alors que chez Hers c'est l'inverse : le typage sociologique et les goûts fonctionnent comme un sur-moi et une forme d'instinct. En conséquence de quoi tous les dialogues sont signifiants, sans qu'aucun personnage ne les assume pourtant (sauf l'enfant, capable de s'éduquer elle-même, étonnement peu naturelle).
Contraste gênant entre la volonté d'intégrer rapidement les changements politiques post-Bataclan, et l'absence de point de vue fort sur ce qu'il se passe. Du coup l'attentat est filmé comme une chance de rédemption pour le bourgeoisie :la mauvaise conscience sociologique, causée par l'effacement des pères et les familles monoparentales, rejoint un grand deuil national qui l'absorbe, la transmet et la vulgarise et l'excuse.
C'est indécent. Il y a l'idée que les attentats islamistes ne remettraient en cause que les valeurs politiques de gauche et le modèle sociologique la des idéaux post-68 dont ils sont la défaite. L'enfant est à la fois une justification et une charge, et la filiation fonctionne comme un objet de désir infigurable, l'enfant est situé à la limite exacte de l'hédonisme de la mère et de la grand-mère, qui est filmé comme un destin à la Phèdre. Du coup leur responsabilité est à la fois immédiatement reconnaissable, et foncièrement inexplicable, et toute les postures des victimes sont réactives. Il n'y a dès lors pas de vrai traumatisme, car ce qui est blessé correspondait à une faille déjà consciente, que les personnages du film essayent finalement tous d'expier. |
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JM dans le coma profond

Inscrit le: 10 Nov 2011 Messages: 129
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Posté le: Ven Déc 28, 2018 12:14 Sujet du message: |
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JM a écrit: |
"In the aisles" est vraiment à voir aussi, il me semble que pour atteindre une telle justesse dans la représentation du monde ouvrier, il faut vraiment l'avoir connu, en avoir même fait l'expérience durablement pour ressentir ce que le dur labeur quotidien fait au corps et au mental. Les automatismes journaliers, les individus usés (psychologiquement et physiquement) par des années de dur labeur, le travail qui déteint sur le quotidien transformé en une routine assez simple, la précarisation, la camaraderie et l'amusement voire l'amour encore possibles, la transmission des gestes du travail banals et pourtant presque sacralisés, etc. Dans ces allées déshumanisées, lignes droites horizontales et verticales, il se passe des choses. Et Stuber fait passer tout cela par la mise en scène et de façon absolument jamais larmoyante, c'est très fort. |
Je dois avouer que si je suivais ma règle des a priori négatifs basés sur les antécédents d'un cinéaste, je n'aurais probablement pas eu envie de regarder le second film de Stuber tant son précédent que je viens de rattraper ("Herbert", sorti directement en VOD) est foireux. On retrouve le film autour d'un personnage (ancien boxeur et cogneur-collecteur de dettes à temps partiel) apparemment assez antipathique mais il faut ici se taper tout un chemin de croix (avant rédemption familiale finale !) avec celui-ci qui est atteint d'une maladie qui le rend petit à petit lourdement handicapé. C'est extrêmement pesant, complaisant, et malsain, et de surcroît filmé n'importe comment. "In the aisle" fait figure de petit miracle, on peut se demander si c'est vraiment la même personne aux manettes ! _________________ Opposant à ma propre candidature |
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