Hello--Kitty dans le coma profond

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Posté le: Lun Mar 14, 2016 11:46 Sujet du message: Des nouvelles de la planète Mars (Dominik Moll, 2016) |
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Deux choses dans le film. D'abord des situations à la Sophie Fillières. En gros : ton ex-femme ou tes enfants te traitent comme de la merde. On observe alors la mésentente entre les sexes et le décalage entre les générations à partir de situations domestiques conflictuelles qui peuvent être assez rigolotes si on est bien luné. Exemple: mon fils de 13 ans décide du jour au lendemain de devenir végétarien.
Comme chez Sophie Fillières (ou Bonitzer), les dialogues sont plutôt bien écrits, avec des petites pointes de verve méchante, ce qui permet de traverser les séquences sans se poser trop de questions. On sent que les scénaristes ont ramené à la table de travail des choses observées à la maison ou chez les copains. On devrait se sentir concerné par les thèmes abordés mais la plupart du temps, on s'en fout complètement. Quelquefois, ça touche... Personnellement j'ai beaucoup aimé le personnage de la fille de 17 ans qui a décidé de trimer comme une malade pour réussir ses examens et ne s'autorise aucun divertissement. Les deux ados sont plutôt bons, d'ailleurs. Le talent de Macaigne fait mouche quelquefois, mais plutôt accidentellement, dans des dialogues secondaires (quand il parle des "frères Ayew" par exemple). A l'inverse, quand le scénario lui sert la soupe et tente d'exploiter à fond son côté "fou dangereux romantique" (la séquence de déclarations d'amour à Carole Gaesler) dans des scènes écrites pour être mythiques, la performance fait pschittt.
La deuxième chose, ce sont des loufoqueries casse-gueule (François Damiens qui se rêve en cosmonaute ou qui reçoit la visite de ses parents décédés qui lui parlent depuis l'au-delà). Passons.
Le point de départ est intello et moral: un homme qui aimerait que les gens s'entraident et s'aiment bien (François Damiens) doit faire face à un monde cruel et égoïste. A partir de là, les situations ont du mal à s'incarner. Les gags s'enchaînent au rythme des embûches rencontrées par le héros - et ce n'est pas toujours très original, genre "le chien de ma sœur vomit dans ma voiture". Je vous passe la fameuse visite à l'expo d'art moderne et le vieux voisin nostalgique de Giscard.
Par ailleurs il faut accepter de voir Macaigne interpréter un personnage qu'il a déjà joué dans d'autres films, c'est-à-dire un type caractériel qui sort de HP et qui plonge son pote dans les emmerdes parce qu'il est éperdument amoureux d'une fille (c'était très précisément son personnage de "La Règle de trois" et "Les Deux Amis", et il sortait déjà de HP dans "La Bataille de Solférino" si je me souviens bien). Tout ça dans une intrigue (l'intrusion d'un mec inquiétant dans une famille à la vie pépère) qui, bien entendu, rappelle fortement "Harry un ami qui vous veut du bien".
Veerle Baetens, elle, est bizarrement éteinte (alors qu'elle irradiait même dans le film d'Emma Luchini), tout comme la photographie du film, qui se déroule dans une pénombre intérieur/soir les trois-quarts du temps, comme s'il fallait à tout prix se dégager de la lumière de routine de la comédie française. C'est cher payé pour le spectateur, je trouve.
Sur le moment, je n'ai pas absolument détesté mais en sortant de la salle il ne m'en restait rien à part de l'agacement. Pourquoi ce film ? Je n'en ai aucune idée. |
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