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Dheepan (Jacques Audiard - 2015)

 
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Tiny
Hacker de papier


Inscrit le: 08 Fév 2010
Messages: 2218
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MessagePosté le: Mar Juin 30, 2015 16:15    Sujet du message: Dheepan (Jacques Audiard - 2015) Répondre en citant

Le problème de Jacques Audiard, depuis sa consécration, c’est qu’il se sent investi d’une mission. En tant qu’auteur, il se doit de remplir le cahier des charges de ce qu’il estime être « un film d’auteur ». Malheureusement, cela signifie principalement chez lui un surinvestissement dans le scénario. C’est-à-dire premièrement des personnages très écrits, un traitement psychologisant assez lourd mais surtout un feu de tout bois au niveau du sujet. Si bien qu’on ne sait plus ce qu’il filme, ce qui l’intéresse et pourquoi. C’est dommage. On passe donc de la guerre civile au Sri Lanka opposant Tamouls et Cingalais à un film sur la condition des immigrés clandestins à Paris, d’un état des lieux sans appel du commerce de drogue dans les cités à une romance entre deux êtres réunis par l’adversité, pour finir sur les traumatismes de la guerre et un happy end en forme de pirouette : « ailleurs, c’est toujours mieux qu’ici ».

Heureusement, ce n’est qu’un monde de cinéma. Et le déroulement paisible du scénario à l’écran ne donne au réalisateur que plus d’occasions de démontrer un certain savoir-faire dans la mise en scène de gros sujets bien lourds : filmés de près, sans ambages mais avec toujours ce qu’il faut de lourdeur dans les effets. On est auteur ou on ne l’est pas.

Foutage de Cannes/6
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Baldanders
Fume


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Messages: 882

MessagePosté le: Mar Juin 30, 2015 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

Le film est sorti ?
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1935

MessagePosté le: Mar Juin 30, 2015 19:20    Sujet du message: Répondre en citant

Non, il sort fin août je crois.

Je ne suis pas trop d'accord avec toi, Tiny. J'essaie de te répondre quand j'ai 5 minutes, là je passe en coup de vent.
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1935

MessagePosté le: Jeu Sep 17, 2015 16:30    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne me souvenais plus qu'il y avait un topic Dheepan... et que j'avais dit que je répondrais quelque chose. Confused

Tout à fait autre chose... Tchao Pantin passait l'autre soir sur Arte. Je suis tombé dessus et dans la seconde j'ai été frappé par les ressemblances avec le style d'Audiard: le soin presque gênant apporté à la description sociale (l'importance du décor en particulier), l'attrait pour la noirceur stylisée, une certaine attention apportée à la lumière (on peut dire ce qu'on veut d'Audiard mais c'est un des rares en France à essayer de filmer avec de la lumière, plus précisément à inclure des éléments de lumière dans son écriture, jusqu'à la facilité parfois). Et puis rapidement je me suis aperçu que Dheepan et Tchao Pantin partageaient les mêmes principes narratifs: un mec secret paumé dans un job utilitaire où l'on voit passer du monde (pompiste, gardien) dont on découvre assez vite qu'il a un passé viril (flic, militaire) et qui va devoir ressortir le gun (ou la machette tamoule) au 2/3 du film pour régler des problèmes.

J'ai toujours bien aimé les films de Claude Berri (de la première et de la dernière période, 69-81 et 99-2009 disons) mais je n'avais jamais revu Tchao Pantin, de peur de détester. Je dois dire que, 30 ans après sa réalisation, le film tient bien la route, si on aime ce genre de réalisme poétique évidemment. Il y a peut-être aussi de mauvaises raisons à l'attachement que l'on peut avoir pour ce film très populaire... une forme de nostalgie pour un Est parisien crasseux et romanesque (et peut-être fantasmé) et pour quelques figures qui n'existent plus tellement ou plus du tout (le jeune loulou à perfecto qui traîne dans les bars, l'Arabe à accent avec les cheveux épais et bien frisés comme dans Police, la punkette parisienne pugnace comme dans Frantic).

Je n'ai jamais très bien compris pourquoi on avait tant loué la performance de Coluche, que je trouve assez peu subtil dans sa composition d'homme usé. En revanche, il est capable par moment de sortir des rails et de se montrer inventif, par exemple en allant chercher des gestes ronds et féminins qui dans le plan sont sidérants, comme cette manière d'écarter un peu les bras quand il marche ou descend trois marches (et qui rappellent d'ailleurs sa manière d'entrer sur scène). Même quand il redevient flic pour venger son copain, il ne se sent pas obligé de changer d'attitude. Ça se sent un peu dans cette photo par exemple :



Là je le trouve en avance sur son temps.

Belle photo, au passage, non ? On dirait... quoi ? du William Friedkin ?

Autre chose sur Coluche... Il y a aussi ces phrases qu'il balance et pour lesquelles on se dit qu'il les a forcément inventées sur le tournage - par exemple quand un automobiliste klaxonne comme un furieux à la pompe (Coluche est en train de se préparer à manger) et qu'il lance, en sortant sans se presser, avec juste ce qu'il faut d'agressivité, sur l'air du mec qui ne se laisse pas marcher sur les pompes: "Bah quoi ? On n'a plus l'droit d'chier ?". Difficile d'écrire un dialogue comme ça... Bref, pour ces deux caractéristiques (la féminité et la capacité à s'approprier certains dialogues), il m'a beaucoup rappelé Depardieu (j'avais dit à peu près la même chose sur Depardieu dans Valley of Love). Le génie français, quoi.

Quant à Anconina... Qu'est-ce qu'il était bon. Le voir mentir dans les scènes, c'est un régal. Tellement drôle. Et quand il joue le mort de faim devant Agnès Soral qu'il a emmené dans sa piaule... Il est si généreux, comme acteur.

Hum hum... Revenons à Dheepan, même si ça m'intéresse moins.

Tiny a écrit:
Le problème de Jacques Audiard, depuis sa consécration, c’est qu’il se sent investi d’une mission. En tant qu’auteur, il se doit de remplir le cahier des charges de ce qu’il estime être « un film d’auteur ». (...) Si bien qu’on ne sait plus ce qu’il filme, ce qui l’intéresse et pourquoi.

Moi je crois que ce qui l'intéresse fondamentalement c'est de filmer une famille qui ne s'aime pas. C'était déjà le cas dans De rouille et d'os d'ailleurs.
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