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Cannes 2018
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Ven Mai 18, 2018 20:02    Sujet du message: Répondre en citant

DONBASS de Sergei Loznitsa

Dans le Donbass, à l'est de l'Ukraine, une guerre hybride mêle conflit armé ouvert et saccages perpétrés par des gangs.
Dans le Donbass, la guerre s'appelle la paix, la propagande est érigée en vérité, la haine prétend être l'amour.
Cela ne concerne pas une région, un pays ou un système politique, cela concerne l'humanité et la civilisation en général. Cela concerne chacun de nous.




C'est le premier film de Loznitsa que je voyais et j'y suis allé la fleur au fusil, sans connaître même le sujet. Je dois dire qu'il m'a manqué quelques éléments de géopolitique pour apprécier correctement le film. Il s'agit de l'opposition, au cœur d'une région houillère aux contours assez flous et se répartissant entre deux pays, entre Ukrainiens tournés vers l'Europe occidentale et majorité russophone. Un petit carton explicatif au début n'aurait pas été du luxe pour ceux qui comme moi ne connaissent pas grand chose à part Maidan et la réaction russe qui a suivi. je précise qu'on a beaucoup reproché à Loznitsa d'être de parti-pris.

C'est un film construit par blocs, sur un principe "marabout d'ficelle" : un personnage nous amène vers une situation, là où un autre personnage nous amènera vers une autre situation, etc. De bloc en bloc se dessine une guerre faite de manipulation des médias et d'humiliations quotidiennes, pour l'occupation d'un territoire glacé, boueux, où le pouvoir militaire fait la pluie et… surtout la pluie en fait ! Petit à petit, le film devient kafkaïen, puis grimaçant, presque bouffon. La laideur d'une mariée ricanante lors d'une cérémonie interminable devient aussi insupportable que le quasi-lynchage d'un opposant par la population. C'est extrêmement bien mis en scène et ça sort début septembre.

4,5/6
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Ven Mai 18, 2018 20:29    Sujet du message: Répondre en citant

LETO de Kirill Serebrennikov

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique.



Un film qui mérite son statut de chouchou du festival, croisement plutôt réussi entre maîtrise technique à la Russe et idées formelle à la con dans le genre Dany Boyle (pellicule graffitée, standards du rock chantés par les gens de la rue, apparitions de scènes représentant des moments "qui n'ont pas existé", comme des trouées cathartiques dans un monde trop vieux et trop contraignant, comme si on ne pouvait être libre qu'à condition que cela n'existe pas).

C'est plein de séquences très drôles sur la difficulté de faire vivre le rock (et sa culture nihiliste et hyper individualiste) dans l'URSS du début des années 80. Pour traverser le film, un double récit très finement tressé : d'une part l'émergence d'un nouveau chanteur au style décalé (son premier concert est une scène formidable, réellement jubilatoire là où on meurt justement d'envie de jubiler), d'autre part un trio amoureux entre ce nouveau chanteur, son idole et la fiancée de ce dernier. C'est beau, c'est intéressant, c'est vitaminé, et c'est mis en scène dans un style que j'apprécie beaucoup : caméra légèrement flottante captant les déplacements et les énergies des individus au sein d'un groupe, la mobilité des corps, des visages, des sourires venant donner son rythme au plan. Il y a ainsi au début du film une séquence sur la plage dont la mise-en-scène m'a époustouflé et que j'ai très envie de revoir. La fille est sublime, l'acteur qui joue le nouveau chanteur aussi : plutôt originaire de la partie asiatique de la Russie, il transforme la "coolitude" rock en une sorte de charme indolent et taciturne à la Wong Kar-wai.

L'idée la plus émouvante du film, c'est sans doute que ces rockers ont parfaitement conscience de leur banalité, voire de leur médiocrité. Quand l'un des leurs s'enflamme et envisage de faire connaître leur musique aux Etats-Unis, le leader le ramène sur Terre : que peuvent-ils bien apporter de neuf à ceux qui écoutent Bowie et Lou Reed ?

J'ai quelques réserves mais ce n'est pas très important, j'ai plutôt envie de m'emballer.

Ça sort début décembre.

5 ou 5,5/6
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Baldanders
Fume


Inscrit le: 23 Déc 2010
Messages: 906

MessagePosté le: Sam Mai 19, 2018 18:24    Sujet du message: Répondre en citant

Chut !



"Ne le dites surtout pas à enculture et à ma maman, mais j'ai adoré la dernière merde de Lars von Trier... Oups !"

Promis on dira rien, Mumu !

Spoiler:

Lars von Trier a écrit:
Je n'ai jamais tué personne, mais si je devais, ce serait un journaliste.

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Baldanders
Fume


Inscrit le: 23 Déc 2010
Messages: 906

MessagePosté le: Dim Mai 20, 2018 0:46    Sujet du message: Répondre en citant

Quatre bonnes nouvelles !

Le Monde a écrit:
L’actrice Cate Blanchett et son jury ont fait, comme chaque année, quelques heureux et au moins autant de malheureux, parmi lesquels les quatre représentants de la « French Team » (Stéphane Brizé, Yann Gonzalez, Christophe Honoré et Eva Husson).
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Zahad le rouge
Drogué


Inscrit le: 11 Fév 2010
Messages: 1969

MessagePosté le: Dim Mai 20, 2018 6:42    Sujet du message: Répondre en citant

Baldanders a écrit:
Les Inrocks a écrit:
Mais peut-on considérer En guerre comme un film de gauche ? Grand silence.

Lindon fait les gros yeux : “On peut être de droite et sensible à l’injustice.


Ça m'intrigue, tu sors ça d'où ?
_________________
"Si je m'en sors bien, je serai peut-être vendeur aux 3 Suisses."
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Baldanders
Fume


Inscrit le: 23 Déc 2010
Messages: 906

MessagePosté le: Dim Mai 20, 2018 13:00    Sujet du message: Répondre en citant

Zahad le rouge a écrit:
Baldanders a écrit:
Les Inrocks a écrit:
Mais peut-on considérer En guerre comme un film de gauche ? Grand silence.

Lindon fait les gros yeux : “On peut être de droite et sensible à l’injustice.


Ça m'intrigue, tu sors ça d'où ?


Des Inrocks, numéro du 7 mai, interview de Brizé & Lindon.
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Trollope
Fume


Inscrit le: 04 Oct 2011
Messages: 604

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 11:01    Sujet du message: Répondre en citant

Hello--Kitty a écrit:
LETO de Kirill Serebrennikov

Leningrad. Un été du début des années 80. En amont de la Perestroïka, les disques de Lou Reed et de David Bowie s'échangent en contrebande, et une scène rock émerge. Mike et sa femme la belle Natacha rencontrent le jeune Viktor Tsoï. Entourés d’une nouvelle génération de musiciens, ils vont changer le cours du rock’n’roll en Union Soviétique.


Un film qui mérite son statut de chouchou du festival, croisement plutôt réussi entre maîtrise technique à la Russe et idées formelle à la con dans le genre Dany Boyle (pellicule graffitée, standards du rock chantés par les gens de la rue, apparitions de scènes représentant des moments "qui n'ont pas existé", comme des trouées cathartiques dans un monde trop vieux et trop contraignant, comme si on ne pouvait être libre qu'à condition que cela n'existe pas).

C'est plein de séquences très drôles sur la difficulté de faire vivre le rock (et sa culture nihiliste et hyper individualiste) dans l'URSS du début des années 80. Pour traverser le film, un double récit très finement tressé : d'une part l'émergence d'un nouveau chanteur au style décalé (son premier concert est une scène formidable, réellement jubilatoire là où on meurt justement d'envie de jubiler), d'autre part un trio amoureux entre ce nouveau chanteur, son idole et la fiancée de ce dernier. C'est beau, c'est intéressant, c'est vitaminé, et c'est mis en scène dans un style que j'apprécie beaucoup : caméra légèrement flottante captant les déplacements et les énergies des individus au sein d'un groupe, la mobilité des corps, des visages, des sourires venant donner son rythme au plan. Il y a ainsi au début du film une séquence sur la plage dont la mise-en-scène m'a époustouflé et que j'ai très envie de revoir. La fille est sublime, l'acteur qui joue le nouveau chanteur aussi : plutôt originaire de la partie asiatique de la Russie, il transforme la "coolitude" rock en une sorte de charme indolent et taciturne à la Wong Kar-wai.

L'idée la plus émouvante du film, c'est sans doute que ces rockers ont parfaitement conscience de leur banalité, voire de leur médiocrité. Quand l'un des leurs s'enflamme et envisage de faire connaître leur musique aux Etats-Unis, le leader le ramène sur Terre : que peuvent-ils bien apporter de neuf à ceux qui écoutent Bowie et Lou Reed ?

J'ai quelques réserves mais ce n'est pas très important, j'ai plutôt envie de m'emballer.

Ça sort début décembre.

5 ou 5,5/6


Très curieux de le voir, à la lecture de ton avis et parce que ça s'inspire de LA star du rock russe, au destin tragique (mort dans un accident de voiture avec son fils), dont j'aime beaucoup les chansons.
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 13:24    Sujet du message: Répondre en citant

Trollope a écrit:
Très curieux de le voir, à la lecture de ton avis et parce que ça s'inspire de LA star du rock russe, au destin tragique (mort dans un accident de voiture avec son fils), dont j'aime beaucoup les chansons.

Je pense que l'aspect biographique est moins important dans le film que l'aspect romanesque.

Ah mais attends, comment s'appelle ce chanteur ? Je suis justement allé voir un mur qui rendait hommage à un chanteur pop-rock russe très populaire il y a seulement quelques semaines, mais on m'a dit qu'il était mort d'un accident de moto…

A propos de l'acteur qui joue son rôle : j'ai dit qu'il venait de la partie asiatique de la Russie mais il est en fait germano-coréen.


Dernière édition par Hello--Kitty le Lun Mai 21, 2018 13:26; édité 1 fois
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Trollope
Fume


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Messages: 604

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 13:26    Sujet du message: Répondre en citant

Viktor Tsoi, qui a des origines coréennes, d'après sa page wikipedia, et cela se voit sur sa tête.
Ouais bah le biopic scolaire, ça ne m'intéresse de toute façon pas Wink


Dernière édition par Trollope le Lun Mai 21, 2018 13:28; édité 1 fois
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 13:27    Sujet du message: Répondre en citant

Trollope a écrit:
Viktor Tsoi, qui a vient d'une ethnie asiatique.

Dans mon souvenir c'était en un seul mot, mais peut-être qu'on l'appelait "Tsoi". Je vais me renseigner.
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Hello--Kitty
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Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 16:01    Sujet du message: Répondre en citant

Hello--Kitty a écrit:
Et si le Prix Vulcain (ex-Prix de la Commission Supérieure Technique) va à Kyung-pyo Hong, le chef-opérateur de Burning, ce ne sera pas du vol.

Je ne suis pas tombé loin, c'est la décoratrice qui l'a eu.

Dans les communiqués, on l'appelle "directrice artistique" mais "décorateur" se dit "production design" en Anglais et les deux choses sont souvent confondues, donc je ne suis pas certain de sa fonction exacte.
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Lun Mai 21, 2018 16:34    Sujet du message: Répondre en citant

Hello--Kitty a écrit:
Trollope a écrit:
Viktor Tsoi, qui a vient d'une ethnie asiatique.

Dans mon souvenir c'était en un seul mot, mais peut-être qu'on l'appelait "Tsoi". Je vais me renseigner.

C'est bien ça. Ah c'est drôle, je suis allé sur le lieu de pèlerinage de ses fans (bougies, poésies, graffitis…) Ça ne m'a pas traversé l'esprit en voyant Leto.
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Baldanders
Fume


Inscrit le: 23 Déc 2010
Messages: 906

MessagePosté le: Mer Mai 23, 2018 11:40    Sujet du message: Répondre en citant

Le mot de la fin ?

"Yann Gonzalez nous aura rappelé que la salle de cinéma n'est pas le lieu où l'on se protège du monde, mais celui où on va affronter les monstres, droit dans les yeux, et les défaire, ensemble."

Spoiler:



À l'année prochaine !
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Baldanders
Fume


Inscrit le: 23 Déc 2010
Messages: 906

MessagePosté le: Jeu Juin 07, 2018 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

Kitty, valzeur, on n'a encore rien compris !

Joachim Lepastier a écrit:
La sélection d'Un couteau dans le coeur en compétition était une bonne nouvelle, non seulement cinématographique, mais aussi politique, une façon de mettre la marge au centre...
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Hello--Kitty
Drogué


Inscrit le: 03 Nov 2010
Messages: 1946

MessagePosté le: Jeu Juin 07, 2018 18:51    Sujet du message: Répondre en citant

Il n'a pas tort à 100%. La seule raison de mettre ce film en Compétition était politique. C'est la politique de brossage dans le sens du poil de la presse parisienne qui, mécontente de la décision du festival de supprimer les projections de presse pour la sélection officielle, avait décidé de donner un coup de projecteur aux sections parallèles - et du même coup ça permettait d'affaiblir la Semaine qui avait évidemment prévu de sélectionner le film (Y. Gonzalez était membre du comité de sélection de la SIC avant ou pas ? j'ai oublié).

Mais comment le critique des Cahiers du Cinéma a-t-il trouvé les dialogues ?

Vanessa en pleurs (seconde scène du film je crois, ou 3e) au téléphone avec la fille qui la quitte :

- Vanessa : "Caresse-moi avec ta voix !"
- La fille : "J'ai le cœur sec de toi."


Blague à part, il faut être un sacré fils de pute corrompu pour oser dire de Y. Gonzalez qu'il est à la marge. Quelle malhonnêteté intellectuelle, franchement… Ça me fait pas marrer. Ça me donne envie de gerber, sincèrement.
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